L'Economie sociale et solidaire, c'est comme toutes les nouveautés : elle n'invente pas vraiment mais elle ravive des idées connues de plus ou moins longue date et leur donne une forme adéquate au temps présent.


Ainsi, l'ESS, qu'on appelle aussi le «tiers secteur» pour désigner des entreprises ou sociétés qui ne relèvent entièrement ni du secteur public, ni du secteur privé, met en œuvre aujourd'hui des principes dont elle renouvelle la force:

· la libre initiative collective, telle qu'elle s'exprime en des formes juridiques déjà classiques: coopératives, mutuelles, associations sans but lucratif, fondations reconnues d'utilité publique, pour citer les principaux exemples

· la juste répartition des éventuels excédents, par exemple entre les salariés, clients, usagers et/ou porteurs de parts sociales

· la démocratie, qui instaure l'égalité comme mode de gouvernance, sans établir de lien entre le pouvoir et la propriété d'un capital

· la solidarité, finalité suprême de toute action aussi bien à l'interne, entre les membres, qu'envers les nombreux tiers, fournisseurs de produits et services et destinataires des prestations offertes; ces dernières doivent, par exemple, améliorer le vivre ensemble en général et, plus particulièrement, encourager l'insertion sociale des personnes en situation de précarité; la solidarité s'exprime aussi envers les générations à venir, auxquels une autre économie doit contribuer à transmettre une planète viable pour l'humanité future

· le respect de la personne, de tout ce qui fait la dignité de l'individu et de son entourage: conditions de vie décentes, travail justement rémunéré, libre accès à la formation générale et professionnelle.


En des termes concis et choisis, la Charte de l'Economie sociale et solidaire du canton de Vaud énonce tous ces principes dans une perspective qui nous est proche, dans le temps comme dans l'espace. A lire aussi «Les 7 valeurs de l'ESS». Ces deux textes sont accessibles ICI.

 


Ce texte s'inspire du second chapitre de l'ouvrage de Thierry Jeantet: Economie sociale – La solidarité au défi de l'efficacité (La Documentation française, Paris, nouvelle édition 2009, 200 p.). Voir aussi l'excellent petit livre de Christine Collette et Benoît Pigé: Economie sociale et solidaire – Gouvernance et contrôle (Dunod, Paris, 2008, 152 p.)

(Y.Jaggi_1.07.2010)