Entreprises Partagées

Réseau Share Entreprise Initiative Europe (SEIE)

Charte

Le réseau SEIE est représenté en Suisse par APTES avec l'appui de Smala avec le programme Village d'entrepreneur, et à Genève par APRES-GE dans le cadre de l'incubateur nommé essaim.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

I : INTRODUCTION

Cette charte des Entreprises Partagées a été adaptée à partir de l'expérience des Coopératives d'Activités et d'Emploi en France. Ce travail a été effectué dans le cadre du projet de transfert de la démarche « Entreprise Partagée » en Suède, au Portugal, en Italie et en Suisse. La Charte a été conçue pour être valide dans d'autres pays d'Europe et d'ailleurs, dans la perspective d'un réseau euro-méditerranéen d'Entreprises Partagées.

L'objet de cette charte est de définir le socle commun des valeurs et principes des Entreprises Partagées, et ceci malgré des contextes socio-économiques et juridiques très différents suivant les pays. Elle définit ce qu'est une Entreprise Partagée dans sa philosophie.

Les Entreprises Partagées s'inscrivent comme une solution possible pour contribuer efficacement aux objectifs de la stratégie de Lisbonne pour l'Europe et aux de lutte contre la pauvreté des Objectifs de développement du Millénaire pour les pays en voie de développement.

Dans tous les pays (qu'ils soient développés ou en voie de développement), on fait des constats communs :

- L'amélioration de la situation de l'emploi est une priorité dans tous les pays et la création d'activités (artisanat, services, bien-être, bâtiment, etc...) est une des réponses possibles à développer.

- Le taux d'échec des entreprises individuelles est inquiétant mais ses causes sont connues : elles tiennent à l’isolement, au manque de fonds propres (comment en constituer seul ?) au manque de préparation (on ne se s'improvise pas "chef" d'entreprise) et, à la difficulté d'évaluer les parts de marchés d'une activité potentielle (hors des marchés "mondiaux", nombre de niches restent à inventer, à solvabiliser).

Les entreprises partagées sont des structures d'accompagnement des porteurs de projets en favorisant l'apprentissage par l'action des savoir-faire à acquérir pour gérer une micro-entreprise.

L'Entreprise Partagée propose à ces nouveaux créateurs et créatrices (cf. préambule) de tester en grandeur nature la faisabilité de leur activité, tout en apprenant au fur et à mesure à maîtriser les paramètres de la gestion. De plus, l'exercice de leur activité dans un cadre juridique favorise le développement et la pérennisation de leur activité.

Au-delà de la solution individuelle, en dehors d'une démarche d'assistanat, l'Entreprise Partagée développe une solution originale en offrant un espace, un cadre : de test, d'apprentissage actif et d'accompagnement terrain.

Elle s'inscrit résolument auprès de ces créateurs et créatrices potentiels dans une démarche commune de nouvelle forme d’emploi (sans se limiter au rôle de conseil) : chacun et chacune développe son activité mais tous participent au développement de la structure globale.

 

 

II : VALEURS

 

 

L'entreprise partagée s'inscrit dans :

 

  1. le cadre de l'économie sociale

- Les entreprises partagées sont des structures de l'Economie sociale et solidaire et en suivent donc les principes. Par économie sociale et solidaire, on entend en premier lieu une forme d'organisation fondée sur des principes de liberté, d'égalité et de solidarité.

- La 2ème rencontre internationale sur la globalisation de la solidarité (Québec, octobre 2001) a posé la définition suivante : « L'économie sociale et solidaire désigne un ensemble d'initiatives économiques à finalité sociale qui participent à la construction d'une nouvelle façon de vivre et de penser l'économie à travers des dizaines de milliers de projets dans les pays du Nord comme du Sud. Elle place la personne humaine au centre du développement économique et social. La solidarité en économie repose sur un projet tout à la fois économique, politique et social, qui entraîne une nouvelle manière de faire de la politique et d'établir les relations humaines sur la base du consensus et de l'agir citoyen ».

 

  1. une logique entrepreneuriale collective

- En effet une entreprise partagée est une entreprise à part entière avec la démonstration concrète qu'entreprendre ensemble est plus efficace qu'entreprendre individuellement,

- La mise en réseau des entrepreneurs est favorisée à tous les niveaux afin qu'ils puissent échanger, rompre leur isolement et coopérer entre eux,

- Chaque entrepreneur participe aux frais de financement de la structure.

 

  1. Le refus d'une logique d'assistanat

- Tout est organisé afin que les entrepreneurs puissent acquérir l'autonomie nécessaire pour voler de leurs propres ailes après le passage dans une entreprise partagée

- Le personnel permanent de l'entreprise partagée accompagne les entrepreneurs en faisant « avec eux » et non « à leur place ».

- Les entrepreneurs bénéficient d'une formation individualisée. Cet accompagnement est réalisé de manière pragmatique en fonction des besoins au cours du développement du projet dans les domaines de l'action commerciale, du marketing, de la communication, de la gestion, etc.

 

  1. une démarche de développement du territoire

- Les acteurs locaux de l'emploi sont impliqués dans la création et le suivi des entreprises partagées (comité de pilotage, comité technique...)

- Les entreprises partagées sont actives dans les mouvements locaux de l'économie sociale

 

  1. Un cadre juridique élargi dans le refus de la précarisation

- Le statut des entrepreneurs est un statut de salarié (le salaire et la couverture sociale étant financés par le chiffre d'affaires développé par l'entrepreneur)

- La posture des entrepreneurs est bien celle d'un entrepreneur : il est seul responsable pour choisir ses clients et développer son chiffre d'affaires

- L'entreprise partagée respecte la règle : "pas un euro ne sort s'il n'est au préalable rentré". Par contre elle doit favoriser le partenariat avec des organismes financiers qui jugeront les dossiers selon leurs propres critères.