Lettre du mois de mars 2009
La sociocratie ( si vous voulez en savoir plus : www.sociogest.ca)
Me revoici à Bex et cette fois-ci pour une initiation à la sociocratie. Merci à Emmanuelle V. de m’avoir dirigé sur ce sujet. Ce fut par le livre de Gilles Charest de Sociogest de Montréal, fin 2008, après une initiation à la Communication non violente (CNV) et quelques entretiens privés que je me suis plongé dans cette nouvelle, pour moi, gouvernance par consentement.
La sociocratie, selon wikipédia, aussi appelée gouvernance par consentement, fait référence à un mode de prise de décision et de gouvernance qui permet à une organisation de se comporter comme un organisme vivant, de s'auto-organiser. Son fondement est issu des théories systémiques. L'objectif premier est de développer la co-responsabilisation des acteurs et d'utiliser le pouvoir de l'intelligence collective dans l'acte de prendre une décision qui a des conséquences sur le collectif.
J’ai immédiatement flashé sur le pouvoir de la gouvernance (ou management) par consentement en lisant tous les articles recherchés sur Internet. Quel plaisir de revoir Gilles Charest que j’avais juste côtoyé un soir de novembre 2008. Il m’avait dédicacé son livre :
‘La démocratie se meurt, vive la sociocratie’.
Le texte de sa dédicace m’a rendu fier et confiant. Et depuis, je ne fais que rêver à cette gouvernance pour nos institutions politiques, économiques et sociales. Je dois préciser que l’ensemble des nouvelles manières de communiquer passent immanquablement par la CNV et se lient étroitement avec la sociocratie. Comparez les méthodes c’est perdre du temps, les assembler et les intégrer : voici le nouveau chemin et la direction que doit prendre ma vie.
Sa belle dédicace s’énonce donc ainsi :
A Jean-Philippe qui sait voir dans la sociocratie
le prochain pas pour l’évolution de nos organisations,
Genève, le 13.11.2008
Ce havre de paix, la Pelouse à Bex, permettait de faciliter les contacts car l’ambiance externe apportait une sérénité bienveillante au groupe de 13 participants (8 femmes et 5 hommes). Gilles n’est pas venu seul pour éclairer, former et expliquer la théorie, son épouse et la famille Zbinden, Jean-Pierre et Barbara, deux membres de l’école internationale des chefs (EIDC) se sont joints au groupe.
Cette école (EIDC) forme, dans un même environnement pédagogique, les chefs du secteur économique, social et culturel.
Le mode de gouvernance dont M. Gilles Charest se fait le leader de la promotion, veut rapprocher ces trois mondes pour un ‘VIVRE ET TRAVAILLER ENSEMBLE’ plus harmonieux et plus efficace. C’est donc naturellement que moi, ayant les mêmes convictions, le même rêve, je me sois rapproché instinctivement vers Gilles.
Après les présentations de chacun, le premier exercice fut de créer un cercle. Ce terme fut un déclic pour moi car sans m’en rendre compte, j’avais en janvier 2009, créé mon site privé en l’appelant le cercle des amis de Jean-Philippe Lambelet.
Le cercle donc formé fut très vite appelé NOTRE GROUPE. Une force, un pouvoir se dégage immédiatement de cet ensemble. Barbara nous donne quelques notions de la sociométrie et le passage physique par le centre du cercle par les participants nous précise notre position dans l’univers. Le noyau de la terre, représenté par le centre du cercle démontre que chacun de nous, que tous, hommes, êtres vivants, nous sommes reliés dans un environnement universel.
Quel bien cela me fait et j’ai entendu que cela faisait aux autres, de prendre connaissance du processus de la sociocratie.
Alors un petit peu d’éthymologie. Le mot sociocratie a été inventé par Auguste Comte au début du XIXe siècle. Ses racines viennent du latin societas (société) et du grec kratos (autorité) : la gouvernance du socios, c'est à dire des personnes liées par des relations significatives entre eux, différent du domos (démocratie), masse d'individus ne partageant que quelques valeurs communes.
Quelques points forts qui ont éclairé les nombreuses opinions de chacun.
Car la sociocratie donne la parole à tour de rôle. Il n y a pas de réponse à l’affirmation d’un participant. Il y aura peut-être, quand vient son tour, une objection et une argumentation
Et le chef reformule et redonne la parole à tour de rôle à chaque participant.
Dans ce processus que j’adopte mais que je dois intégrer car je veux toujours ramener ma fraise, j’ai choqué, mis mal à l’aise des participants, Je m’en excuse aussi ici, mais c’était maladroit, voir intentionnel. Car j’ai toujours cru que c’est en cassant des œufs (lire erreurs) que l’on fait une bonne omelette (lire expérience).
Le paradis et le monde dont chacun rêve est presque une utopie mais si nous faisons notre part, si minime soit-elle, un pas dans la bonne direction sera fait. Yes, we can
Malgré cette information de Dieu cela ne me fera pas changé d’avis. Un ange lui demandait si le monde rêvé existerait une fois, Dieu répondit, bien sur mais pas de mon vivant !! (merci F, j’en ris encore en écrivant ce texte).
Merci donc à l’ensemble des participants d’avoir provoqué l’expression de blocages bénéfiques pour laisser la sociocratie continuer son processus. J’en suis tout retourné, même mes tulipes en perdrent leur éclats. (Seuls les participants peuvent comprendre,… )
Les quarante dernières années de ma vie ne m’avaient pas permis d’exercer de cette manière ce droit à la parole. Je dois revenir dans mes croyances, mes habitudes et les instructions et objectifs reçus et me faire violence pour donner enfin un nouveau sens à mes relations et une direction pour mieux connecter nos vies.
La minorité est enfin entendue, incluse dans le groupe, elle se motive (ou remotive) pour l’objectif commun. Et, Gilles surenchère, être entendu même s’il n’a rien à dire, c’est le meilleur moyen d’inclure la minorité. Et ce n’est pas l’exclusion, le rejet et la perte d’identité, trop souvent constatés dans nos organisations actuelles.
L’ensemble de la théorie, les exercices et les commentaires et les ressentis exprimés ont pris une délicieuse sauce pour déguster ce menu sociocratie.
En effet, l’apéritif et l’entrée sont maintenant derrière moi, je dois digérer pendant cette pause car le Groupe, Mon groupe, Notre Groupe se retrouve les 25, 26 et 26 mai prochains pour continuer ce repas gastronomique qui nous ouvre les portes de contacts bienveillants.
La gouvrnance par consentement, ce qui est extraordinaire ne modifie pas la structure et l’acceptation de la hiérachie en place. Elle demande à tous un effort de mieux intégrer l’ensemble des parties.
Les objectifs de ces trois premiers jours peuvent se résumer ainsi, mais comme un menu, il vaut mieux le déguster que de le lire sur une carte.
· Approfondir les processus de management.
· Acquérir les outils sociocratiques pour exercer un leadership fort, bienveillant et efficace.
· Excercer le mode de prise de décision par consentement (4 règles).
Je ne peux pas dans ce contre-rendu synthétiser 3 jours mais il est nécessaire de consulter la présentation qui se trouve dans une page de son site. Elle est le résumé de l’ensemble des procédures bien exercées dans ce séminaire et renforce les shémas qui permettent de saisir la force du changement amené par la sociocratie.
Mais si je cite les grands chapitres du déroulement de ces journées. C’est juste pour ceux qui lisent ce résumé c’est de leur faire envie d’avoir envie de vivre ces moments.
1. Le monde que nous rêvons.
2. La dynamique de la vie sociale.
3. La sociocratie, ses fondements, ses 4 règles.
a. Le cercle.
b. Le consentement comme mode de décision.
c. Le second lien.
d. L’élection sociocratique.
4. Le cercle d’abord, les décisons ensuite.
5. Le cercle lieu d’éducation permanente.
6. Le cercle lieu de médiation des conflits.
7. La sociocratie : Étape par étape avec pour chaque étape, 9 phases bien structurées :
a. Élaborer une proposition.
b. Décider par consentement.
c. Exécuter une décision.
Des liens profonds entre les participants, en plus de la joie et du plaisir d’avoir connu ce système de gouvernance par consentement et la volonté de se revoir ont été exprimés lors de la synthèse finale. L’émotion plus ou moins perceptible a démontré que la sociocratie fait bien partie des fonctions de communication. Je vous remercie de votre lecture et attends vos commentaires. Utilisez le canal de mon site ou l’adresse email suivante info@jplambelet.name. J’apprécie déjà vos envois.
Car il faut connaître pour apprécier ou critiquer.
Votre webmaster du cercle des amis de Jean-Philippe Lambelet
19 mars 2009, fait à Commugny
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