Place et usage de l’humour dans la CNV

Les  24 et 25 janvier 2009

Ce Séminaire organisé à Lausanne, avant même de le commencer, m’apportait plusieurs signaux de contentement.

Je revenais dans mon quartier d’enfance. J’allais connaître Jean-Philippe Faure, l’auteur du premier livre, l’empathie, que j’ai lu sur la CNV. Cependant, le principal signal de joie que j’avais, était que les séminaires précédents CNV ne m’avaient pas totalement enrichi. Et il fallait que je comprenne !

En temps que novice (moins d’une année de pratique de la CNV), j’avais été brusqué, des fois choqué mais profondément convaincu que la CNV était même à 60 ans, le nouveau chemin que je devais emprunter. Je devais trouver un lien pour légitimer la réunion de l’ensemble de ces outils.

Ce fut l’humour qui me permit de concrétiser ma passion de savoir, de comprendre et d’analyser ce qui se passe en moi, ce qui se passe en l’autre, ce que m’apporte notre communication et ce qu’elle lui apporte..

Je célèbre donc ce merveilleux week-end partagé avec 5 autres séminaristes.

Sans regretter la manière dont j’avais vécu ma vie et son déroulement. J’ai survécu avec force et ceci malgré ces hauts et ces bas. Mais il fallait trouver une solution, un projet pour mieux continuer à vivre.

La CNV, ses livres, ses formatrices et ses formateurs m’ont fait découvrir un monde totalement nouveau. Ignoré la satisfaction de mieux se mettre au service de soi et de l’autre, je suis resté interloqué et pris de cours. Je me suis remis en question, je devais agir, et vite !

C’était en moi, je ne le ressentais pas mais je savais par un avertisseur intérieur que j’avais refoulé beaucoup trop de choses qui m’empêchait d’être. Et que ce n’était pas par précipitation que je devais avancer surement, mais bien petits pas à petits pas sans avoir peur de s’arrêter. Et même de revenir en arrière pour mieux continuer. De modifier mes croyances ancestrales, de minimiser le stress et la vie trépidante, de mieux prioriser mes besoins, d’appréhender différemment le comportement de leader professionnel que je m’étais fabriqué ou que j’avais accepté de jouer en fonction des objectifs demandés.

Je devais m’écouter et écouter les autres.

Je devais ralentir et prendre le temps de vivre pour moi.

Je devais développer la compréhension

du pouvoir bénéfique de la CNV.

Je devais apprendre et mettre en pratique les moyens

démontrés pour simplifier ma vie.

.

Beaucoup de travail, pour qui, pourquoi ?

J’ai découvert l’empathie, celle que je me donne et celle que je propose en cadeau aux autres. Je n’avais pas fait la différence entre ce mot vénérable et la sympathie.

J’ai découvert (ou on me l’a fait découvrir) que je montrais plus ma présence par mon paraître souvent lourd et que je cachais mon être et je ne voulais pas recevoir, alors que tout mon corps et mon cœur attendaient. Je prenais plus l’habitude de mettre en priorité les besoins des autres. Je m’affirmais physiquement et sans précaution aux services de l’autre. Alors que je devais me mettre en phase avec le partage en faveur de lui et en ma faveur.

En fait, étais-je mal dans ma peau et dans mon corps sans le savoir et sans l’écouter ? En effet, j’étais satisfait car c’était plus les objectifs à atteindre, la volonté de gagner que de jouer à la maternelle ou s’asseoir et s’apitoyer en laissant ma motivation vaincue contre l’habitude.

De plus, je n’arrivais pas à cacher mon immense émotion, cela ne me servait pas dans des résolutions de problèmes, dans le stress professionnel et je me faisais mal, je me flagellais tout seul. Je me suis sacrifié pour ne pas me mettre en avant, sans raison, au détriment d’une meilleure qualité du groupe.

Et c’est justement,  par le livre sur l’empathie de J.-Ph. Faure que je me suis motivé à mieux connaître la CNV.

Ce dernier séminaire m’a confirmé que la boucle se refermait mais je n’avais pas fait le lien de toutes ces nouveautés entre elles. Je me brusquais encore, refusais aussi certains exercices. J’avais une sensation de peur, tu ne les comprends pas !  Ils ne me comprennent pas !

Bien sur, je ne suis pas encore sorti de l’auberge, j’ai encore plein d’écolage à planifier au sujet de la CNV, je ne veux pas prétendre savoir. Mon humilité m’impose à dire et redire que le chemin est encore long pour m’autoriser à me prétendre sorti du tunnel.

J’ai soif et je suis avide d’apprendre ces nouveautés. Je me confirme que l’approche des relations vers l’autre et vers soi est limpide de clarté. Je fais confiance à ses agressions bienveillantes qui  me perturbaient. Mais il me manquait un truc pour relier l’ensemble, pour bien huiler l’engrenage du système. Il me fallait souder ces nouvelles connaissances.

Et bien ce truc de lien, je crois que je l’ai trouvé en utilisant ce moyen qu’est l’humour. Merci à Jean-Philippe Faure d’être le déclencheur de cette cicatrisation de la CNV et de mon moi interne. Merci à moi-même d’avoir par mes remarques usé et abusé les autres.

Mais comme je le dis, je m’en excuse mais c’est intentionnel. Car je crois que le message passé de Jean-Philippe Faure, m’a servi à boucler cette boucle.

Cette idée de mettre en exergue l’avantage de poudrer le menu CNV par une petite pointe d’humour m’a beaucoup plu. Il a été démontré que cet outil puissant qu’est l’humour permet  d’accéder plus rapidement et légèrement à notre profondeur intérieure. Cela minimise le drame qui se joue et modifie notre regard et permet le changement de conscience. C’est comme l’alcool il ne faut pas en abuser car au mauvais moment, l’autre peut en souffrir et la communication pourrait être rompue. Son emploi tant pour soi que pour l’autre demande sensibilité et doigté. Faut-il avoir l’âge de raison pour appliquer cette tactique ou l’âge de déraison, mais en fait c’est une bonne recette de saupoudrer de dérision. Cela allège la tension et diminue l’intensité souvent difficile à maitriser.

Pour revenir sur le bon déroulement du séminaire, grâce à l’expertise de Jean-Philippe Faure les participants ont commencé par présenter leur personne en employant le terme de il ou elle. Comme si c’était un ami qui le ou la présentait. Et dès le début, le jeu de mots, l’humour fut omniprésent.

Jean-Philippe Faure aime la pratique pour passer ses messages. Les jeux se sont effectués avec une participation maximum de chacun, enfin presque de tout le monde. Très vite on a remarqué que l’humour glissé dans la conversation se dirigeait vers l’autre. Il est nécessaire de penser à mettre cet humour sur soi-même, cela facilite grandement un meilleur rythme plus agréable dans l’échange.

Mais, attention si l’une des personnes vit un drame, il y a grande difficulté à incorporer de l’humour car son problème colle encore plus  à son drame. Il est donc important de faire un effort de décoller et de faire changer la vision de l’autre pour le remettre dans une situation plus objective.

L’humour, c’est donc un dosage qui permet de rester dans l’équilibre du lien.

Les jeux qui nécessitaient même une provocation volontaire de l’autre autorisaient d’exercer cet humour dans l’écoute.

Oser doser, une vidange (ou vide ange) et Murielle avec 2 ailes, voici les exemples d’humour par jeux de mots mais l’humour a plusieurs facettes. Les participants se lançaient au lac sans se retenir, l’ambiance et la complicité dans le groupe ont fait que tous ont appréciés ce séminaire.

Pour ma part, je me pose encore la question fondamentale  (qui est venu en premier l’œuf ou la poule) soit, être bien avec les autres pour être bien soi-même ou être bien avec soi-même en premier pour être bien avec les autres. En bon professeur, Jean-Philippe me répondit les deux bien sur.

Alors un grand merci à Jean-Philippe Faure et aux participants. Cette étape du cheminement CNV est comme une étape cycliste de montagne. J’ai atteins des sommets dans les discussions, à moi de profiter de ces expériences. Elles ont générées un très bon ressenti en moi. Je dois parvenir à disséquer ce lien relationnel et ses séquences et pouvoir trouver une meilleure solution pour l’améliorer encore. La route est longue jusqu’à l’arrivée. Mais pouvoir dire que j’ai participé, j’ai essayé, c’est déjà une grande victoire.